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Contexte scientifique

Le paludisme saisonnier et la question de l’immunité

Comprendre pourquoi l’arrêt de la chimioprévention et de la vaccination saisonnière pourrait modifier le risque de paludisme chez l’enfant.

Paludisme et transmission saisonnière

Le paludisme reste une maladie infectieuse majeure transmise par les moustiques, principalement causée par Plasmodium falciparum dans les zones étudiées.

Dans les régions du Sahel, la transmission est fortement saisonnière, avec une concentration importante des cas pendant la saison des pluies et le mois suivant. Cette saisonnalité marquée justifie le recours à des interventions préventives ciblées sur la période de forte transmission.

Rôle de la CPS

La chimioprévention saisonnière du paludisme (CPS) est une intervention recommandée dans les zones de forte transmission saisonnière. Elle repose sur l’administration de sulfadoxine-pyriméthamine et d’amodiaquine pendant la période de forte transmission.

Cette stratégie permet d’éliminer les infections en cours et de prévenir de nouvelles infections chez les enfants pendant les mois où le risque est le plus élevé.

Rôle du vaccin RTS,S / AS01E

Le vaccin RTS,S / AS01E, utilisé en vaccination saisonnière, constitue un outil complémentaire de prévention du paludisme chez le jeune enfant.

Administré avant et pendant la saison de transmission, il contribue à réduire l’incidence du paludisme clinique dans les populations cibles.

Combinaison CPS + RTS,S

Le vaccin RTS,S / AS01E peut être combiné avec la CPS. Les études antérieures ont montré que la combinaison CPS + RTS,S peut offrir une protection supplémentaire contre le paludisme clinique, le paludisme grave et les décès liés au paludisme.

Cette double protection a transformé la prévention saisonnière, mais soulève une question nouvelle : que se passe-t-il lorsque ces interventions s’arrêtent ?

Schémas de prévention

CPS, RTS,S / AS01E et leur combinaison

Trois approches préventives dont le projet compare les effets après l’arrêt chez l’enfant de plus de cinq ans.

CPS

Chimioprévention saisonnière du paludisme

Administration de doses thérapeutiques de sulfadoxine-pyriméthamine et d’amodiaquine pendant la période de haute transmission afin d’éliminer les infections en cours et de prévenir de nouvelles infections.

RTS,S / AS01E

Vaccination saisonnière contre le paludisme

Vaccin antipaludique administré de manière saisonnière, qui réduit le risque de paludisme clinique et de paludisme grave chez les jeunes enfants des zones de forte transmission.

CPS + RTS,S

Combinaison des deux interventions

L’association de la chimioprévention saisonnière et de la vaccination saisonnière, qui a montré une protection supplémentaire contre le paludisme clinique, le paludisme grave et les décès liés au paludisme.

Question scientifique : risque retardé ou effet rebond

La réduction prolongée de l’exposition au parasite pourrait ralentir le développement de l’immunité naturelle. Les enfants qui cessent de recevoir ces interventions après l’âge de cinq ans pourraient donc devenir plus sensibles au paludisme, en particulier au paludisme grave.

Cet « effet rebond », ou risque de paludisme retardé, est précisément la question centrale du projet SEVR-SMC. Comprendre son ampleur est essentiel pour anticiper les besoins de protection au-delà de cinq ans.

Importance pour le Sahel

Dans les zones sahéliennes où la transmission est fortement saisonnière, des millions d’enfants bénéficient chaque année de la CPS et, de plus en plus, de la vaccination saisonnière.

Identifier l’existence et l’ampleur d’un éventuel risque retardé permettrait d’orienter les politiques nationales de lutte contre le paludisme et de déterminer si une protection supplémentaire est nécessaire après l’âge de cinq ans.

La question centrale du projet

SEVR-SMC cherche à déterminer si un risque de paludisme retardé apparaît après l’arrêt de la CPS et/ou de la vaccination RTS,S, et s’il diffère selon l’intervention reçue.